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Mardi 22 juillet 2008

 

 

Cher camarade,

Mon témoignage ne te fera ni chaud ni froid. Tu en as vu d'autres!

 

Je suis un tout petit militant, depuis si peu de temps. Un adhérent à 20 Euros d'abord puis davantage depuis....je suis socialiste et j'ai pourtant mis des décennies avant de prendre une carte. Je voulais être certain de pouvoir m'inscrire dans les valeurs communes à celles et ceux, illustres ou anonymes, qui ont fondé puis construit puis transmis une histoire, celle du parti socialiste.

 

Il y a longtemps de cela aujourd'hui...et pourtant, c'était hier pour moi. Mon père était vivant, issu de cette tradition ouvrière qui l'avait portée à fréquenter les cocos (comme il disait lui même) et à adopter une partie de leur revendications humanistes (lui l'était vraiment). Je me souviens de la joie explosive qu'il n'a pas contenue, qui est allée jusqu'aux larmes lorsque le 10 mai 1981, la gauche, enfin, parvenait au pouvoir. Il n'était pas fan de Tonton (nous le nommions ainsi), moi, si! Il était pourtant heureux mon père et plus encore de voir rentrer des ministres "d'ouverture" (ce mot aujourd'hui tellement galvaudé), à la gauche, à la droite et dans la société civile.

 

Je crois avoir acquis des convictions à cette époque. J'ai admiré, comme d'autres notre président d'alors, le courage et la force des premières années. Je n'ai même pas condamné le virage de 84, faisant confiance à son intelligence politique. Je me suis engagé dans le milieu associatif, c'était ma façon de militer. Je ne l'ai d'ailleurs jamais quitté.

 

J'ai vu arriver des responsables qui inventaient, qui donnaient du rêve, qui changeaient la vie (du moins on arrivait à y croire un peu).

 

Je le dis sans ambages, ton passage à la culture est inscrit dans le marbre et c'est juste. Tu as su redorer ce blason français, tu as su remettre du sens dans ce mot. Tu as beaucoup, beaucoup apporté....et tu es à travers ça devenu une référence; aimé, admiré, courtisé peut-être!

 

Tu es bien entendu devenu pour moi un des repères politiques, un tremplin à mon élévation intellectuelle, si tant est que ce soit possible, un exemple de ce que peut-être un savant mélange de bourgeoisie et de conviction...tu avais le caviar simple :-)

 

Ta notoriété n'a pas faibli, tu as du avaler des couleuvres, comme d'autres, ton camarade Kouchner par exemple...tu as du abdiqué devant le système du parti, souvent, trop souvent à mon goût.....mais à ce moment là tu étais dedans et ton combat je le soutenais, il était légitime car ce que tu revendiquais avant tout, c'était la fidélité; en politique, c'est vraiment précieux (voir encore le camarade Kouchner)!

 

 

Mais voilà, il t'a manqué l'autorité que d'autres ont dans le parti et tu as doucement glissé vers la complaisance à l'égard de ceux qui, comme toi, se déclarent démocrates mais qui pourtant défendent un autre modèle de société où la tolérance est réservée aux riches, où la réussite est affectée aux privilégiés, ou le pouvoir se transmet....où je ne me retrouve pas.

 

François Mitterrand avait cette force intellectuelle de pouvoir fréquenter des individus éloignés de ses convictions profondes. Il n'a pas toujours été compris pour ça...mais il était au dessus de ça! Pas toi camarade, pas pour moi.

 

Je ne connais pas Nicolas Sarkozy comme toi tu le connais. Je suis un petit français moyen qui glisse doucement vers la précarité qu'il nous prépare. Toi tu es à l'abri. C'est sans doute pour ça que tu lui dis "Merci" Je ne vois de ce pouvoir que les travers, que les souffrances, que les conséquences....la monocratie évidente, la clanisme cynique et assumé. Je ressens une injustice profonde. Je voudrais avoir les moyens d'une certaine objectivité, je n'y arrive plus. La désillusion, le fatalisme m'empêchent d'y voir clair...et je me radicalise sans vraiment le vouloir.

 

Alors dans ce contexte, la partition toute culturelle et toute légitime qu'elle soit, jouée sur le thème de la gloire au soit disant progrès constitutionnel que constituerait ce vote historique (ça j'en conviens), tombe mal. J'ai très mal à l'admiration que je te porte encore, car je n'oublie pas ce que tu as donné à la gauche et au pays.

 

Je ne sais pas ce qui a guidé ton âme et conscience. Je ne sais pas de quel argutie on s'est servi pour te perdre ou te réduire à l'orgueil? Non ce n'est pas toi ! Alors quoi? Je ne comprends pas.

 

Ce vote est une défaite pour tout le monde et tu le sais :

 

Pour le président qui a ajouté un peu plus de suspicion autour de lui Pour la majorité qui ne s'en est tirée que par l'association éphémère de quelques partenaires ennemis? Pour le PS qui a montré une fois de plus qu'une seule voix pouvait l'enfoncer encore un peu... jusqu'où, jusqu'à le perdre vraiment? Pour la démocratie qui aurait impliqué une adhésion, alors que le vote est politique, salvateur de l'honneur présidentiel Pour l'avenir qui ne permettra certainement pas de corriger avant longtemps les manques essentiels de cette nouvelle constitution.

Pour toi qui aurait du, soit convaincre ton camp, soit te ranger à sa décision. C'est la première fois. D'autres se sont permis plusieurs écarts...mais ils n'avaient peut-être pas ton importance. A mes yeux c'est ainsi.

 

Je suis triste. Je reste socialiste. Je continue de croire à l'alternative. Mais je suis plus que jamais convaincu qu'elle passe par un profond changement d'attitude, d'habitude.

 

Ce que je dis là ne te fera ni chaud ni froid.

 

Je voulais tout de même te le dire, camarade.

 

Amitié socialiste

 

Edmond Thanel

par Désirs d'Avenir 84 publié dans : CONSTITUTION (REVISION) communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mardi 22 juillet 2008

La France compte environ 7,9 millions de personnes vivant avec moins de 880€ par mois

 

En 2008, elle compte toujours plus de 3 millions de personnes non ou mal-logées, auxquelles s’ajoutent près de 6 millions de personnes en situation de réelle fragilité de logement à court ou moyen terme.

 

Plus de 1,2 million de personnes en attente, parfois depuis dix ans de logements sociaux.

 

Alors que le pays manque cruellement de logements sociaux, la trésorerie des sociétés HLM laisse apparaître un bas de laine de 11 milliards d'euros !!.

 

Malgré cela, les sociétés de HLM, n'apprécient pas l'augmentation du taux de rémunération du Livret A. Non contents d'utiliser l'argent des petits épargnants, ceux-ci rechignent et finiront par…augmenter les prix de loyers !!

 

 

Le taux de rémunération du Livret A atteindra 4 % le 1er août, son plus haut niveau depuis 12 ans, a annoncé le gouvernement mercredi.

 

Une hausse qui devrait réjouir les épargnants, mais risque de pénaliser le financement du logement social. Les fonds déposés sur ce produit d'épargne sont en effet centralisés à la Caisse des dépôts qui les utilise pour accorder des emprunts à taux avantageux aux organismes HLM "Ça risque de rendre difficiles les opérations nouvelles", indique ainsi Luc Legras, chargé de mission à la délégation générale de l'USH.

 

 "D'autant que cela s'ajoute à la hausse des coûts de construction dans le bâtiment." Selon Legras, les organismes HLM devront à terme répercuter ces hausses de coûts sur leurs locataires s'ils ne veulent pas voir leur marge de manoeuvre se réduire. "

 

Or, les locataires voient déjà leurs charges augmenter en raison de la hausse des coûts de l'énergie", souligne-t-il. "Il devrait y avoir un fléchissement de la construction du locatif social", estime Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Paris X-Nanterre. Les prêts de la Caisse des dépôts représentent en effet 75 % du financement du logement social, selon l'USH.

 

 


Le 1er
 février 2008, la Fondation Abbé Pierre remettait son rapport sur l'état du mal-logement


 

Sans domicile fixe

100 000

Personnes privées

de domicile dont :

 

- résidence principale en chambre d'hôtel

- habitat de fortune : cabane, construction provisoire

- personnes à l’année en camping / mobile home

- personnes hébergées chez des tiers

- locataires ou sous locataires d’un meublé

- CHRS, CADA,

 

1 031 500

50 000

41 000

100 00

150 000

548 000

142 500

Personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles

 

- logements dépourvus de « confort de base »

- surpeuplement accentué = 2 pièces

2 187 000

1 150 000

1 037 000

NOMBRE TOTAL DE PERSONNES CONNAISSANT UNE

PROBLEMATIQUE FORTE DE MAL-LOGEMENT

3 318 500

 



 

PERSONNES EN SITUATION DE REELLE FRAGILITE A COURT OU MOYEN TERME

 

 

Nombre de personnes (+/-)

Logements en copropriétés dégradées nécessitant une intervention publique

 

300 000  logements

 

750 000

Personnes en situation de précarité pour impayés de loyer de plus de 2 mois

 

 

289 000 ménages

 

722 500

Personnes occupant un logement sans droit ni titre suite à une décision de justice prononçant l’expulsion

 

58 187 ménages

 

145 500

Personnes vivant en situation de surpeuplement « au sens large »

 

 

3 507 000

Personnes hébergées chez des tiers (amis ou famille) hors hébergés qui vivent dans des conditions de logement très difficiles

 

 

 

823 000

NOMBRE TOTAL DE PERSONNES EN SITUATION

DE REELLE FRAGILITE A COURT OU MOYEN TERME

 

 

5 948 000

Ils étaient pourtant nombreux pour lui rendre hommage !! 

par Désirs d'Avenir 84 publié dans : SOCIAL communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mardi 22 juillet 2008

22 juillet 2008

 

C’est l’ancien Président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter qui a, selon nous, le mieux exprimé l’inutilité de la révision constitutionnelle adoptée hier par le Congrès. Il juge qu’elle est une occasion perdue de transformer réellement notre République et de mettre fin à la « monocratie » qui caractérise aujourd’hui notre régime. Nous vous proposons ici de lire son texte publié dans l’édition du Monde du 20 juillet 2008.

 

« Non à l'hyperprésidence »

 

« Certains se demandent si, en refusant de voter la révision constitutionnelle, les socialistes ne sont pas en train de passer à côté d'une opportunité : rééquilibrer les institutions. La réponse est non. Cette révision est une occasion perdue, non pour les socialistes, mais pour la République. Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité. J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République.

 

Or le projet de révision ne réduit pas les pouvoirs du président. Il les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès. Le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel. Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. "Cy veut le Roi, cy fait la loi", l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la Ve République.

 

Quant aux pouvoirs de nomination du président aux grandes fonctions (Conseil constitutionnel, CSA, etc.), on annonce "un changement considérable" : le choix du président pourra être refusé par un vote des trois cinquièmes des membres d'une commission parlementaire. Mais un tel vote requiert le concours de la majorité présidentielle, qui ne sera jamais donné contre la volonté du président. Si on voulait rendre ces nominations consensuelles, il faudrait une majorité positive des trois cinquièmes nécessitant l'accord de l'opposition. On est loin du compte.

 

D'autres font valoir que la réforme accorde à l'opposition parlementaire des droits nouveaux. Mais il faut regarder la portée des textes et non pas seulement l'étiquette. On nous dit : le Parlement aura la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour, "un progrès immense". Mais qu'en est-il pour l'opposition ? Le projet lui réserve un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes. Belle avancée démocratique !

 

Autre exemple. Le président annonce que la présidence d'une commission parlementaire sur huit sera réservée à l'opposition. Pourquoi pas trois ? Nous ne demandons pas des pourboires, mais un rééquilibrage.

 

Enfin, la révision proposée consolide le mode d'élection archaïque des sénateurs, qui assure à la droite une majorité pérenne au Sénat. Cette situation est un défi à la démocratie. Le comité Balladur avait ouvert la voie à un changement possible. La droite sénatoriale a tout refusé à ce sujet. Elle entend demeurer maîtresse du Sénat et, par là, de toute révision constitutionnelle proposée par la gauche. Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum. Il devra inclure la reconnaissance du droit de vote aux élections municipales des immigrés régulièrement établis en France. Cette réforme-là, si importante pour l'intégration, est ignorée par l'actuelle révision.

 

Dans ces conditions, libre à qui le veut de danser un pas de deux constitutionnel avec le président de la République. Ce n'est pas notre choix. »

 

Robert Badinter, sénateur, ancien président du Conseil constitutionnel

par Désirs d'Avenir 84 publié dans : CONSTITUTION (REVISION)
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Mardi 22 juillet 2008

 

Propos recueillis par Dominique de Montvalon et Henri Vernet

20 juillet 2008

Le Parisien

 

SÉGOLÈNE ROYAL vient de signer avec le sociologue Alain Touraine un livre chez Grasset : « Si la gauche veut des idées ». Elle l'a dédicacé hier chez elle, à Saintes (Charente-Maritime). L'ex-candidate à l'élection présidentielle - aujourd'hui candidate au poste de premier secrétaire du PS - suit son chemin sans s'occuper de ceux qui, même à gauche, la décrivent comme de plus en plus isolée.

 

 

Elle se veut sans concessions envers l'actuelle majorité, et surtout Nicolas Sarkozy. Son souhait : que la révision constitutionnelle - qui sera soumise demain à Versailles aux députés et sénateurs réunis en Congrès - échoue. Selon elle, c'est un texte « médiocre ». La tentative de proposer in extremis à la gauche et au centre une dose de proportionnelle pour les futures législatives ? « Un os à ronger », réplique-t-elle, cinglante. Une censure systématique ? « Je ne fais que mon devoir d'opposante. »

 

Malgré les ultimes concessions du gouvernement, pensez-vous que le PS doit, demain à Versailles, dire non à la révision constitutionnelle ?

 

Ségolène Royal. Pour que la France se réforme, il faut un Parlement plus représentatif de la société française, et surtout un Parlement - Assemblée nationale et Sénat - où chacun se consacrerait à plein-temps à sa tâche. Le mandat unique s'impose donc, et il n'en est malheureusement pas question dans le texte.

 

 

Par ailleurs, il y manque tant de choses !... Où sont les garanties et les moyens d'indépendance de la presse ? Aujourd'hui, que constate-t-on en effet ? Une mainmise des groupes financiers proches du pouvoir sur les principaux médias, et la tentative de mise sous tutelle du service public de l'audiovisuel. Il manque aussi ces deux autres piliers que sont la démocratie sociale - on a vu récemment la façon humiliante dont Nicolas Sarkozy traite les syndicats - et la démocratie territoriale, avec une nouvelle étape de décentralisation qui permettrait à l'Etat d'être plus efficace. Il ne serait donc pas moral de donner quitus à un gouvernement qui, tous les jours, donne de mauvais exemples de gestion des affaires publiques.

 

« Je tiens à remercier la police »

 

Et si on proposait in extremis au PS et au MoDem une petite dose de proportionnelle pour les législatives ?

 

Il s'agit de mieux faire fonctionner la République, et il y aurait des bouts d'amendement lâchés comme un os à ronger à la gauche et au centre au dernier moment par le président de la République. Ces méthodes ne sont pas sérieuses.

 

Si la révision échoue demain à Versailles, pourra-t-on parler d'une victoire du PS ?

 

Non. On pourra simplement parler d'un échec du pouvoir en place qui a cru pouvoir acheter des parlementaires ou faire pression sur eux pour faire adopter un texte médiocre.

 

Nicolas Sarkozy ironise beaucoup sur vous : « Celle-là, si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer. Elle est vraiment trop. »

 

Il a dû faire un lapsus. Il a dû penser : « Elle est vraiment top. Si elle n'existait pas, elle manquerait beaucoup. » (éclats de rire) A ce niveau d'agressivité de la droite, je fais le choix de l'humour !

 

Que savez-vous des enquêtes menées après les cambriolages dont vous avez été victime ?

 

Il n'y a pas eu de cambriolages mais, pour la seconde fois, une mise à sac de mon domicile et six vols d'ordinateurs dans mon entourage proche. Je suis très étonnée que l'Elysée ait diffusé à la presse de fausses informations. Le procureur doit rester le seul habilité à communiquer. Mon avocat est en contact avec la direction de la PJ, et je tiens à remercier la police de son travail minutieux et attentif.

 

« L'incroyable désinvolture du président vis-à-vis de son Premier ministre... »

 

On laisse entendre que votre appartement ne serait pas fermé comme il devrait l'être...

 

Je suis une mère de famille, je vis avec mes enfants. Comme tout un chacun, j'aspire à leur sécurité. Maintenant, les intrusions, ça suffit.

 

Le Premier ministre souffre d'une sciatique, et Nicolas Sarkozy a laissé entendre par ailleurs qu'il serait remplacé en 2009...

 

C'est un manque de respect et une incroyable désinvolture de la part du chef de l'Etat vis-à-vis de son Premier ministre. Tout le monde, il est vrai, est malmené. La justice n'est pas respectée, le Parlement non plus. Les syndicats sont piétinés, les services publics négligés. Les agriculteurs et les pêcheurs ont été insultés. Et les forces armées - contraintes de défiler le 14 Juillet devant Bachar el-Assad sans aucune excuse de sa part pour les soldats massacrés au Drakkar - ont été bafouées. C'est le régime du mépris généralisé, qui produit une déchirure institutionnelle, sociale et humaine.

 

Que vous inspire l'état du PS ?

 

Le PS est la seule organisation politique qui prépare son congrès de façon aussi sérieuse même si, sans doute, les Français trouvent tout cela long et compliqué. Pour ma part, avec tous ceux qui ont travaillé avec moi, nous faisons des propositions très concrètes sur la réforme des retraites, la révolution fiscale, la réforme énergétique, etc. Notre contribution - qui a déjà reçu sur notre site plus de 6 000 signatures - s'engage très clairement sur le mandat unique des parlementaires. Et nous nous prononçons sur les stratégies d'alliance : il faudra, le moment venu, non seulement rassembler toute la gauche, mais attirer à nous tous les démocrates et aussi toutes celles et ceux qui veulent que la France retrouve une espérance. Nous faisons aussi le décryptage de la vraie nature du sarkozysme, avec ses amis du club du Fouquet's, ces milliardaires qui ont reçu des chèques de remboursement d'impôts pendant que la majorité des Français est aujourd'hui en difficulté et que de plus en plus de catégories sociales, qui se croyaient à l'abri, sont fragilisées. Le PS, pour être moderne, doit répondre sans tabous aux défis d'aujourd'hui. Dans le livre que je viens de publier - avec Alain Touraine -, nous nous sommes tous deux longuement arrêtés sur les questions économiques. Par exemple, le pouvoir doit cesser de camoufler son impuissance en imputant tout à la mondialisation. Il y a un autre modèle économique possible, et d'autres choix sociaux sécurisants.

 

L'accord dont bénéficie Bernard Tapie, dans l'interminable feuilleton du Crédit lyonnais, vous heurte-t-il ?

 

Le pouvoir doit s'expliquer. Tapie a-t-il bénéficié d'arrangements personnels hors normes ? Si oui, pour quelles raisons ? Pour contourner la justice de droit commun au profit d'une procédure d'arbitrage, il a fallu l'accord du gouvernement. Je note que François Bayrou - qui connaît bien Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit lyonnais - demande, lui aussi, une commission d'enquête.

 

« Personne ne peut exercer sur moi un quelconque chantage »

 

Etes-vous inquiète de ce qui s'est passé sur le site nucléaire du Tricastin ?

 

La filière nucléaire est, par définition, une filière à risques. Mais ils doivent être maîtrisés, contrôlés et transparents. En tout cas, cela prouve qu'il faut impérativement garder le secteur de l'énergie et la filière nucléaire sous le contrôle de l'Etat. Parce que la sécurité nucléaire - qui impose des investissements à long terme - doit relever de la puissance publique, et pas de la loi du profit à court terme. De ce point de vue, la fusion Gaz de France-Suez, soi-disant faite pour concurrencer EDF et faire baisser les prix, ce qui est un leurre, m'inquiète.

 

Vous qui êtes un censeur de l'action du président de la République, et qui critiquez tant son action...

 

Attendez !... Quand la gauche ne réagit pas, les gens disent : mais où est-elle ? Quand je remplis mon rôle d'opposant en disant des choses justes et sans concessions de forme, je ne fais que mon devoir. Nombreux sont les Français qui m'encouragent dans cette voie car ils veulent que Nicolas Sarkozy arrête les dégâts. En plus, je ne fais pas que combattre : je propose.

 

Vous en avez déconcerté plus d'un au moment de la libération d'Ingrid Betancourt. Nicolas Sarkozy, avez-vous dit, n'y est pour rien. Et c'est tout...

 

Est-ce faux ?

 

Ingrid Betancourt a remercié le président...

 

Répondez-moi. Les propos que j'ai tenus sont-ils faux, excessifs ?

 

Vous ne regrettez donc pas vos propos ?

 

Si le responsable politique qui dit la vérité subit un lynchage médiatique parce qu'il a exprimé en termes simples et directs la vérité des faits, c'est curieux. Je ne dépends d'aucun groupe financier. Je n'ai personne à placer. Je n'ai jamais rien fait de malhonnête dans ma vie. Donc, personne ne peut exercer sur moi un quelconque chantage : je continuerai à dire la vérité comme je la vois et comme les très nombreux Français que je rencontre me la disent avec une profonde exaspération et un besoin d'espoir auquel je veux répondre.

 

par Désirs d'Avenir 84 publié dans : SEGOLENE DANS LA PRESSE communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mardi 22 juillet 2008





par Désirs d'Avenir 84 publié dans : SEGOLENE DANS LA PRESSE communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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